/, Mésologie, Philosophie/Walter Benjamin Poreuse Naples

Walter Benjamin Poreuse Naples

By | 2026-05-21T20:57:52+02:00 21 mai 2026|Art, Mésologie, Philosophie|0 Comments

Thème du tiers inclus: Poreuse Naples, l’éphémère, l’incertitude.

Antagonismes en interaction: Entre aubaine de la vie et danger de destruction, Entre protection du Saint (San Gennaro, patron de la ville) et  menace du Volcan (le Vésuve), entre vie et mort, entre provisoire et merveilleux.

 

 

Walter Benjamin

Poreuse Naples

 

Naples, art magnifique de manipuler le provisoire pour engendrer le merveilleux sur celle qui fut considérée comme la capitale du goût européen entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle.

 

Naples.

Illustration 1 : G.L. Bernini, J.P. Schor, Macchina festiva a Roma a Trinità dei Monti per la nascita del Delfino di Francia 1666 (Rome, Macchina festiva à Trinità dei Monti réalisée à l’occasion de la naissance du Dauphin de France 1666)AA.VV. Capolavori in Festa Effimero Barocco a Largo di Palazzo (gravure). Napoli, 1997, p. 33. Avec l’aimable autorisation d’Ermanno Bellucci (Sovrontendenza Acheologica e curatore del catalogo).

 

Naples éphémère éternel et invention de l’espace public

À Naples, la culture de l’éphémère se greffe sur le vécu de la ville.

Naples est une ville singulière car sa survie est rythmée par l’équilibre instable. Entre la protection du Saint (San Gennaro, patron de la ville) et la menace du Volcan (le Vésuve). Entre la vie et la mort avec laquelle la ville a noué une relation familière, comme le montre le rituel particulier des âmes pezzentelle. *

 

 

L’éphémère est une catégorie constante qui apparaît lors de chaque manifestation de la culture et de la vie Napolitaine où, au-delà de toute rhétorique, le sentiment du provisoire et du précaire alimenté par un mélange de religiosité, superstition, adaptabilité, s’avère tangible.

 

Dans une page mémorable de son Stadtebilder,

Walter Benjamin décrit la ville de Naples à la fin du XIXème siècle par ces propos :

 

Poreuse comme cette roche est l’architecture.

Édifice et action s’enchevêtrent dans des cours, des arcades et des escaliers.

En tout on préserve la marge qui permet à ceux-ci de devenir

le théâtre de nouvelles constellations imprévues*.

 

 

On évite le définitif, la marque.

Aucune situation n’apparaît telle qu’elle est, prévue pour durer toujours,

aucune figure n’affirme « ainsi et pas autrement »

 

C’est ainsi que se développe l’architecture comme une synthèse du rythme communautaire : civilisée, privée et ordonnée… anarchique, imbriquée, rustique. (Benjamin, 2007, p. 6)

 

 

Illustration 3 : Il Cimitero delle Fontanelle à Naples accueille 40 000 squelettes des victimes de la grande peste de 1656 et du choléra de 1836

Il Cimitero delle Fontanelle à Naples accueille 40 000 squelettes des victimes
de la grande peste de 1656 et du choléra de 1836

 

* Le cimetière est célèbre grâce à un rituel particulier, nommé « rituel des âmes pezzentelle » (car elles étaient abandonnées). Il s’agit donc d’un rituel qui concernait l’adoption et le rangement en ce lieu d’un crâne en échange de protection. A chaque crâne (nommé capuzzella) était liée une âme abandonnée (nommée pezzentella).

                                                   …

 

* Traduction du texte en italien de W. Benjamin, Immagini di città (2007).

Leave A Comment

%d blogueurs aiment cette page :