///Trois lectures du poème « La fleur et le papillon » de Victor Hugo

Trois lectures du poème « La fleur et le papillon » de Victor Hugo

By | 2022-06-01T07:04:39+02:00 7 juillet 2020|Littérature, Poésie|0 Comments

    Thème du tiers inclus: Amour, Liberté, Fidélité, Perversité, Malice, Badinage, Tolérance, Souffrance …

    Antagonismes en interaction:  Fleur ~ Papillon , trois interactions ou relations selon la connaissance que nous avons de l’un et de l’autre  …

     

     

    Nous proposons au lecteur trois lectures du poème 

    « La fleur et le papillon »

    de

    Victor Hugo

    *

    Chaque lecture sera précédée

    d’une information complémentaire concernant

    les éléments en interaction,

    autorisant ou offrant

    une approche différente du même poème.

     

    … avant de revenir à un souffle purement poétique et Hugolien.

     

    *****

     

    φύσις   κρύπτεσθαι  φιλεῖ

     

    ***

    Durant la lecture de ce poème de Victor Hugo,

    il sera possible d’écouter ci-dessous

    « Le papillon et la fleur »  de  Gabriel Fauré 

    interprété  par  Héloïse Poulet

    accompagnée au piano par Emmanuelle Delquignies

     

     

    ***

     

    Première Lecture

     

    La Fleur et le Papillon
    Victor Hugo

     

    La pauvre fleur disait au papillon céleste :
    – Ne fuis pas !
    Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
    Tu t’en vas !

    Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
    Et loin d’eux,
    Et nous nous ressemblons, et l’on dit que nous sommes
    Fleurs tous deux !

    Mais, hélas ! l’air t’emporte et la terre m’enchaîne.
    Sort cruel !
    Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
    Dans le ciel !

    Mais non, tu vas trop loin ! – Parmi des fleurs sans nombre
    Vous fuyez,
    Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
    A mes pieds.

    Tu fuis, puis tu reviens ; puis tu t’en vas encore
    Luire ailleurs.
    Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
    Toute en pleurs !

    Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
    Ô mon roi,
    Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
    Comme à toi !

     

    ***

     

    Deuxième Lecture

    La fleur présente sur cette photo est une grande ciguë. (Conium maculatum)

    Très toxique, elle était la base du poison officiel des Athéniens pour les condamnés à mort.

    La plus célèbre victime fut Socrate.

     

     

    La Fleur et le Papillon
    Victor Hugo

     

    La pauvre fleur disait au papillon céleste :
    – Ne fuis pas !
    Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
    Tu t’en vas !

    Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
    Et loin d’eux,
    Et nous nous ressemblons, et l’on dit que nous sommes
    Fleurs tous deux !

    Mais, hélas ! l’air t’emporte et la terre m’enchaîne.
    Sort cruel !
    Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
    Dans le ciel !

    Mais non, tu vas trop loin ! – Parmi des fleurs sans nombre
    Vous fuyez,
    Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
    A mes pieds.

    Tu fuis, puis tu reviens ; puis tu t’en vas encore
    Luire ailleurs.
    Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
    Toute en pleurs !

    Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
    Ô mon roi,
    Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
    Comme à toi !

     

    ***

     

    Troisième Lecture

     

    Le papillon est un Aurore (Anthocharis cardamines), papillon de jour de la famille des Piéridés, s’observant un peu partout en Europe aux premiers jours du printemps.

    Dans les mécanismes de co-évolution, les plantes se défendent des insectes phytophages consommant leurs parties aériennes feuillues, mais favorisent en revanche les insectes pollinisateurs qui concourent à leur reproduction.

    C’est la raison pour laquelle de nombreuses fleurs sont dites nectarifères, car elles produisent dans le fond de leur corolle un suc sucré que les papillons aspirent avec leur grande trompe. Celle-ci s’enroule, les rendant capables d’ingérer ce liquide et non le pollen qui est un solide en grains. Attirés par les fleurs pour les butiner, les papillons frottent leur ventre, leurs pattes et leur trompe contre les étamines emplies du pollen qu’ils iront ensuite déposer sur d’autres fleurs, réalisant ainsi leur fécondation.

     

     

    La Fleur et le Papillon
    Victor Hugo

    La pauvre fleur disait au papillon céleste :
    – Ne fuis pas !
    Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
    Tu t’en vas !

    Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
    Et loin d’eux,
    Et nous nous ressemblons, et l’on dit que nous sommes
    Fleurs tous deux !

    Mais, hélas ! l’air t’emporte et la terre m’enchaîne.
    Sort cruel !
    Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
    Dans le ciel !

    Mais non, tu vas trop loin ! – Parmi des fleurs sans nombre
    Vous fuyez,
    Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
    A mes pieds.

    Tu fuis, puis tu reviens ; puis tu t’en vas encore
    Luire ailleurs.
    Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
    Toute en pleurs !

    Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
    Ô mon roi,
    Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
    Comme à toi !

     

    ***

     

    …  avant de revenir à un souffle purement poétique, Hugolien

    ignorant tout de la fleur et du papillon … 

     

     

    La Fleur et le Papillon
    Victor Hugo

    La pauvre fleur disait au papillon céleste :
    – Ne fuis pas !
    Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
    Tu t’en vas !

    Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
    Et loin d’eux,
    Et nous nous ressemblons, et l’on dit que nous sommes
    Fleurs tous deux !

    Mais, hélas ! l’air t’emporte et la terre m’enchaîne.
    Sort cruel !
    Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
    Dans le ciel !

    Mais non, tu vas trop loin ! – Parmi des fleurs sans nombre
    Vous fuyez,
    Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
    A mes pieds.

    Tu fuis, puis tu reviens ; puis tu t’en vas encore
    Luire ailleurs.
    Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
    Toute en pleurs !

    Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
    Ô mon roi,
    Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
    Comme à toi !

                                                                                 . . .

     

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