Thème du tiers inclus: L’illusion
Antagonismes en interaction: Entre les images
ILLUSIONS
Entre les images
Selon la logique du tiers inclus, l’illusion entre les images
« Il est important de réaliser que les trois pôles de cette dynamique ternaire sont inter-reliés et ne peuvent être séparés. Dans chaque circonstance, c’est une dynamique dia-logique entre deux pôles qui fait apparaître en actualisant une forme dominante et qui refoule en potentialisant le troisième pôle comme le fond.
La méthodologie trans-disciplinaire, en reprenant la logique d’actualisation et de potentialisation de Lupasco, nous permet de mieux comprendre la place du troisième pôle qui devient le tiers inclus permettant la dialectique des deux pôles antagonistes (Nicolescu, 1996).
Pour Lupasco, toute réalité qui s’actualise implique un pôle antagoniste qui se potentialise et qui par conséquent ne peut jamais disparaître complètement.
1. Les illusions de mouvement
Les illusions de mouvement exploitent des processus cognitifs et visuels spécifiques qui nous font percevoir un mouvement là où il n’y en a pas. Ces illusions révèlent comment notre cerveau interprète certains stimuli, souvent en fonction de nos expériences visuelles passées et de la manière dont il traite les contrastes, les couleurs et les alignements.
1.1. L’illusion de mouvement de Zöllner
Description : L’illusion de Zöllner est une illusion d’optique où des lignes parallèles apparaissent obliques ou déformées en raison de petites lignes diagonales superposées. Bien que toutes les lignes parallèles soient droites et alignées, la présence des diagonales crée une impression de distorsion.
Cette illusion est causée par l’interaction entre les motifs linéaires et les diagonales. Notre regard cherche des motifs réguliers et des alignements naturels, ce qui est une compétence évolutive qui nous aide à identifier des formes et des contours dans notre environnement. Les diagonales perturbent cette capacité. Nous interprétons l’orientation des lignes de manière relative par rapport aux autres lignes environnantes. Les petites lignes diagonales créent un conflit perceptuel en orientant les contours des lignes parallèles dans une direction perçue comme inclinée. Nous interprétons alors faussement ces lignes droites et les considérons inclinées.
1.2. L’illusion de mouvement d’Akiyoshi Kitaoka
Description : Dans les illusions de mouvement d’Akiyoshi Kitaoka, des images statiques et colorées semblent bouger. Cette illusion est créée par des motifs répétitifs, souvent circulaires ou en spirale, et par des contrastes de couleurs soigneusement choisis.
L’illusion de mouvement d’Akiyoshi Kitaoka exploite la réaction des cellules rétiniennes spécialisées dans la détection du mouvement, réagissant de manière asynchrone aux changements de contraste et de couleur du motif. Les cellules ganglionnaires rétiniennes réagissent aux contrastes de luminance et de couleur, ce qui provoque des micro-saccades oculaires involontaires. Ces micro saccades créent une illusion de mouvement dans les motifs visuels complexes, car nous interprétons ces variations de contraste et de couleur comme informations de mouvement.
1.3. L’illusion de gouffre ou vertex

1.4. L’illusion du mur du café
Description : L’illusion du mur du café est une illusion visuelle où des lignes droites semblent inclinées lorsqu’elles sont placées à côté de carreaux noirs et blancs. Ce phénomène porte son nom car il a été observé sur un mur de carreaux dans un café de Bristol, en Angleterre.
Dans l’illusion du mur du café, la perception déformée des lignes droites est principalement due aux différences de contraste entre les carreaux noirs et blancs. Le traitement d’intenses contrastes, dans ce cas, cherche à compenser les différences en reliant visuellement les carreaux. Les contours des carreaux créent ainsi une illusion d’angle ou de torsion pour les lignes séparatrices.
Les cellules de la rétine, en particulier les cellules ganglionnaires sensibles au contraste, interprètent les limites entre les zones sombres et claires comme des zones inclinées. Ce traitement des contrastes, couplé à des biais perceptuels, amène à percevoir des lignes inclinées, même si elles sont en réalité droites.
2. Les illusions de contraste
Les illusions de contraste exploitent les processus visuels en jeu dans la détection des différences de luminosité, de couleur et d’intensité. Les informations visuelles sont interprétées en fonction des contrastes, ce qui peut provoquer des illusions lorsque les différences sont accentuées. Ces illusions révèlent comment notre système visuel est conçu pour détecter des contrastes rapides, mais peut être trompé lorsque ces contrastes sont exagérés ou inhabituels.
La persistance rétinienne est une particularité du fonctionnement de l’œil qui nous donne l’illusion du mouvement lorsque l’on regarde un dessin animé par exemple. En effet, les cellules de la rétine gardent en mémoire une image pendant environ un dixième de seconde après son apparition. Ainsi, si l’on fait défiler très rapidement une séquence d’images, au rythme de 24 par seconde, l’œil a en permanence en mémoire les images et ne peut distinguer deux images successives. Les cahiers cinétiques inventés en 1820 ou les thaumatropes datant de 1826 sont des objets ludiques faisant appel à la persistance rétinienne.
2.1. L’illusion de la grille de Hermann
Description : L’illusion de la grille de Hermann est une grille noire composée de carrés blancs ou gris clairs. Lorsqu’on la regarde, des points gris apparaissent brièvement aux intersections des lignes, mais disparaissent si l’on essaie de les fixer.
Les cellules ganglionnaires de notre rétine détectent les contrastes de lumière. Elles fonctionnent selon un mécanisme dit de « champ récepteur » possédant deux parties : une zone centrale excitatrice, entourée d’une zone inhibitrice. Lorsqu’un point lumineux tombe sur le centre de ce champ récepteur, il active la cellule, mais si la lumière tombe dans la zone périphérique, elle inhibe la réponse de la cellule.
Dans la grille de Hermann, chaque intersection est entourée de plusieurs zones lumineuses, ceci entraîne une plus grande inhibition dans la zone centrale des champs récepteurs que pour les lignes de la grille elles-mêmes. Ce contraste prononcé donne l’impression de voir des points gris, car l’intensité de la lumière est perçue aux intersections comme légèrement réduite par rapport aux autres parties de la grille. Les contrastes voisins influencent notre perception de la luminosité.
2.2. L’illusion de contraste simultané
Description : Dans l’illusion de contraste simultané, deux carrés de couleur identique paraissent différents lorsqu’ils sont placés sur des arrière-plans de contrastes variés. Par exemple, un carré gris sur un fond clair semblera plus sombre que le même carré sur un fond foncé.

Cette illusion repose sur le phénomène d’adaptation chromatique » et l’interaction des contrastes. Les cellules de la rétine qui détectent les couleurs adaptent leur réponse en fonction de l’intensité lumineuse des zones voisines. Le cerveau interprète alors la couleur des objets non pas de manière absolue mais en tenant compte de la couleur et de la luminosité de leur environnement immédiat.
Le carré de couleur identique paraît plus clair ou plus foncé selon l’arrière-plan, car la perception compense les niveaux de lumière environnante pour produire une perception relative de la luminosité. En d’autres termes, lorsque le carré gris est placé sur un fond clair, il est perçu comme plus sombre parce que le cerveau amplifie la différence pour renforcer le contraste.
Cette illusion est une manifestation de la manière dont notre perception visuelle est contextuelle : le cerveau analyse les informations de couleur et de luminosité non pas isolément mais en fonction des éléments qui l’entourent.
2.3. L’illusion de Mach Bands
Description : L’illusion de Mach Bands est un effet perceptuel où des bandes grisées apparaissent entre des zones de luminosité différente, créant une impression de gradation là où il n’y en a pas. Cette illusion est souvent observée sur des images présentant une transition nette entre deux teintes de gris.
Explication: L’illusion de Mach Bands est causée par un phénomène appelé « inhibition latérale ». Les cellules ganglionnaires rétiniennes inhibent l’activité des cellules voisines lorsque celles-ci sont exposées à un contraste lumineux intense. Lorsque deux zones de luminosité différente sont placées côte à côte, les cellules ganglionnaires de chaque côté de la frontière amplifient les contrastes perçus, produisant une sorte d’effet de bordure.
Lorsque la rétine voit une transition entre un gris clair et un gris plus foncé, les cellules ganglionnaires accentuent la différence de luminosité à la frontière entre les deux teintes. Cela crée l’impression d’une bande plus foncée à côté de la zone lumineuse, et d’une bande plus claire près de la zone sombre.
2.4. L’image rémanente

Une image rémanente (afterimage en anglais) est une illusion d’optique qui continue à apparaître après que l’exposition de l’original a cessé. C’est la propriété d’une sensation visuelle qui persiste après la disparition du stimulus.
Illusion du diapason du diable
3. Les illusions de perspective et de profondeur
3.1. L’illusion de Müller-Lyer
Description : Deux segments de même longueur semblent différents en raison de la disposition de flèches aux extrémités.
Nous interprétons les segments en fonction de la perspective, créant une fausse évaluation des distances.
3.2. L’illusion de Ponzo


Description : Deux lignes de même longueur paraissent différentes en fonction de leur position sur des lignes convergentes, comme sur une voie de chemin de fer.
Le cerveau interprète les lignes en perspective comme si elles étaient en trois dimensions.
3.3. L’illusion d’Ames Room

Description : Une pièce spécialement construite pour créer une illusion de taille : deux personnes de taille normale semblent disproportionnées.
La forme particulière de la pièce trompe le cerveau sur la perception de la taille et des distances.
3.4. Les tables de Shepard
Description : Deux tables identiques semblent avoir des dimensions différentes en raison de leur orientation. C’est l’une des illusions d’optique les plus puissantes, pouvant créer des erreurs de calcul de longueur de 20 à 25 %. L’illusion est basée sur un dessin de deux parallélogrammes, identiques à part une rotation de 90 degrés. Cependant, lorsque les parallélogrammes sont présentés sous forme de tables, nous les voyons comme des objets dans un espace tridimensionnel. La « table » de gauche semble longue et étroite, avec sa dimension la plus longue s’éloignant à l’opposé de nous. L’autre « table » semble presque carrée, car nous interprétons sa dimension plus courte comme un raccourci de perspective. Mais toutes deux ont la même dimension.
Nous interprétons les formes en trois dimensions, mais ici les indices sont manipulés pour donner une fausse impression de profondeur. Selon Shepard, « Toute connaissance ou compréhension de l’illusion que nous pouvons acquérir au niveau intellectuel reste pratiquement impuissante pour diminuer l’ampleur de l’illusion »
3.5. L’escalier de Penrose
L’escalier de Penrose est une représentation en deux dimensions d’un escalier faisant quatre virages à angle droit, revenant ainsi à son point de départ ; selon la perception commune, les marches semblent former une boucle, constituant une perpétuelle montée (ou descente, selon le sens de rotation); en d’autres termes, il semble n’y avoir ni point le plus haut, ni point le plus bas
Triangle de Penrose 
Un dessin en perspective représente sur une surface plane un objet en volume. Du point de vue mathématique et logique, une infinité d’objets à trois dimensions ont la même projection dans un espace à deux dimensions. La perception de la profondeur dans un dessin en perspective est donc nécessairement une interprétation, basée sur la connaissance préalable des objets
3.6. La chute d’eau d’Escher

L’image représente un moulin à aubes avec un aqueduc se terminant par une chute d’eau. Les bords de l’aqueduc partant de la roue à aubes font des créneaux descendants, ce qui suggère que l’eau descend. Mais il présente trois virages à angle droit, d’abord à gauche, puis à droite et de nouveau à gauche. Le deuxième virage à gauche est soutenu par des piliers posés sur le premier, et de même pour les deux autres virages, ce qui donne au contraire l’impression que l’eau monte. Enfin, l’eau semble tomber de l’extrémité de l’aqueduc sur la roue à aubes en un impossible cycle infini.
4. Les illusions cognitives
4.1. L’illusion de Kanizsa



Description : Des formes simples arrangées pour donner l’impression d’une forme cachée, comme un triangle ou un carré invisible.
Le cerveau comble les vides pour créer une forme complète, illustrant son besoin de structure et de continuité.
4.2. L’illusion de l’éléphant de Roger Shepard
Description : Un éléphant dessiné avec un nombre ambigu de pattes.
L’image est interprétée selon sa connaissance de l’anatomie de l’éléphant, mais échoue en raison de l’ambiguïté.
4.3. L’illusion de l’échiquier d’Adelson
Description : Deux cases sur un échiquier semblent de couleurs différentes à cause de l’ombre, alors qu’elles sont identiques. Les cases A et B sont de la même couleur malgré les apparences.
Nous interprétons la couleur en fonction de la lumière et de l’ombre, même si les couleurs sont identiques.
5. Les illusions de figure-fond
5.1. L’illusion du vase de Rubin

Description : Un vase au centre, qui se transforme en deux profils humains en fonction de ce que l’on choisit de voir.
Notre cerveau interprète automatiquement les images en fonction des contrastes entre figure et fond, créant une ambiguïté entre deux interprétations possibles.
La logique d’actualisation / potentialisation est bien illustrée par l’illusion du vase de Rubin utilisée pour expliquer les processus de distinction entre la forme et le fond. Dans l’image de Rubin, on peut voir soit un vase blanc sur fond noir soit, au contraire, le face à face de deux profils de visages noirs sur fond blanc, et inversement dans l’autre image. On ne peut pas maintenir simultanément la perception des deux images. Lorsque l’une des deux images s’actualise comme forme dominante l’autre se potentialise et se transforme en fond indifférencié. Mais le fond ne disparaît pas, le pôle antagoniste existe toujours sous forme potentielle et il est même indispensable à l’actualisation de la forme dominante.
La logique du tiers inclus permet d’aborder ces phénomènes. Il faut voir le troisième pôle comme le tiers inclus qui médiatise la relation des deux pôles de l’interaction dominante en se potentialisant comme fond quasi invisible. »
5.2. L’illusion du vieux et du jeune


Description : Un dessin qui peut être interprété comme une jeune femme ou une vieille femme, selon la manière dont on regarde les lignes.
Notre perception bascule entre deux interprétations selon la disposition des traits.
5.3. L’Illusion du canard lapin de Jastrow
La figure soutient deux lectures antagonistes. Le tiers inclus n’est pas la synthèse des deux images mais la tension perceptive elle-même, l’illusion n’est ni erreur ni ambiguïté à résoudre mais une réalité où deux vérités dialoguent sans s’abolir. L’illusion est une forme transitoire de vérité non stabilisée, non absolutisée. Lorsque l’une des figures s’actualise, l’autre ne disparait pas, elle est potentialisée.
5.4. L’Illusion de Ponzo

Des lignes de taille identique semblent avoir des longueurs différentes lorsqu’elles sont placées entre des lignes parallèles convergentes.


5.5. Entre les parties et le tout


5.6 Entre Face et profil, entre doubles images



5.7. Entre Images inversées






5.8 Entre texte et signifié

5.8. Image dans l’image


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