Thème du tiers inclus: Le réalisme artificiel
Antagonismes en interaction: Entre figuration et abstraction, entre spatialité et temporalité, entre temps et image, entre dessin et peinture, entre soi et apparence de soi, entre mensonge et vérité.
Entretien
avec
George Condo
à propos du réalisme artificiel
L’humanité a toujours été le sujet de mon travail.
La plupart du temps, je traite de la figure humaine et de la condition humaine


Georges Condo Faces in a crowd
C’est toujours difficile de regarder une toile blanche. Si quelqu’un voulait vraiment me torturer, il m’attacherait à une chaise et me mettrait devant une toile blanche et dirait…

Je deviendrais fou au bout d’un moment, je ne peux pas le supporter. Je pense que la seule difficulté est de se lever tous les jours et de dire:
« Écoutez je veux juste peindre je ne veux pas être dérangé, je ne veux pas être embêté. Je ne veux rien faire d’autre, car il se passe tellement de choses dans le monde aujourd’hui que j’ai l’impression de devoir exprimer tout ce que je pense dans mes peintures., c’est la meilleure façon pour moi d’exprimer mes émotions mes pensées ».
Georges Condo Poème d’amour
Je ne pense jamais vraiment à essayer d’être talentueux ou d’être bon en peinture. Je réfléchis à la façon de retranscrire honnêtement ce qui se passe dans mon cerveau sur la toile.
Voyons voir…
Quand j’étais en Californie, loin de New York, je me suis dit : « Il faut que je revienne avec quelque chose de très différent, de très personnel, il faut que je change radicalement face à ce qui se passe ici »
Georges Condo The Executioner, 1984
Ce qui se passait à ce moment-là, c’était une nouvelle peinture d’images, je suppose qu’on l’appelait ainsi car on voyait des images éparses comme avec Julian Schnabel ou David Salle, des images fragmentées mais jamais une seule forme iconique.
C’est ce que j’aimais chez Andy Warhol : sa capacité à combiner tous ces concepts différents en une seule forme.
S’intéressant dès l’adolescence à l’histoire de l’art, Condo entreprend de retracer, à travers les siècles, les origines et la trajectoire de l’art occidental au sens large. S’inscrivant souvent dans les mêmes réseaux d’influence que ceux des modernistes, il assimile l’art européen sur les plans tant intellectuel que sensible. Il explore la notion de « fausse peinture européenne ».
Une préoccupation qui a trouvé son aboutissement dans le « réalisme artificiel », le quasi-mouvement artistique individuel qu’il a fondé, accompagné d’un manifeste.
Cette série fait référence à plusieurs périodes et styles artistiques du passé, notamment à la renaissance, au baroque et au rococo, de même qu’à une grande diversité de peintres comme Tiepolo ou Gainsborough. Condo a toujours contesté l’idée d’un progrès en art, jugeant que des œuvres créées plusieurs siècles auparavant sont tout aussi essentielles pour les artistes contemporains que celles d’aujourd’hui. « La renaissance c’était hier. J’irai même jusqu’à dire que l’art rupestre préhistorique datant d’il y a 30000 ans n’est pas moins contemporain que l’art actuel ».
The Madonna et les Name Paintings illustrent ses premières préoccupations : cherchant à réinterpréter la peinture de maîtres anciens dans le contexte de la modernité, elles anticipent les œuvres du Réalisme artificiel, toutes conçues une décennie plus tard.

… Je me suis dit que c’était ce qu’il fallait que je fasse. J’ai commencé ces tableaux de maîtres anciens et j’ai peint une madone, j’ai peint des choses qui semblaient avoir deux cents ans.
Quand vous entrez, vous vous dites : « ça a l’air d’avoir deux cents ans mais personne n’aurait pu peindre ça à cette époque… ça doit donc être nouveau ».
Georges Condo The Madonna, 1981-82 Memories of Rembrandt 1994
Mémories of Picasso
Cette toile condense une investigation de près de deux ans autour de l’oeuvre et de la figure de Pablo Picasso. Fasciné par le maître espagnol depuis son adolescence, Condo profite de son séjour à Paris pour s’imprégner plus particulièrment de la pratique de Picasso. L’appropriation par ce dernier de tous les styles qui le précèdent fait écho au projet globalisant de Condo de mêler plusieurs périodes de l’histoire de l’art en une seule peinture. Condo a cherché ici à peindre de mémoire une toile conjuguant plusieurs éléments du langage de Picasso, associant déconstruction du portrait du moment surréaliste des années 1930 et fantaisie décorative de portraits aristocratiques de sa dernière période. il expose ses références de manière explicite.
Il y avait un paradoxe dans la périodicité, il s’agissait de jouer avec le temps et l’imagerie.
Georges Condo Collage Expanded Composition Combinaison, 1990
J’ai aimé travailler avec William Burroughs parce que j’aimais son concept de cut-up et j’aimais les œuvres qui partageaient mon idée de découpage de concepts thématiques historiques.
Georges Condo Spanish Head compositions
Je suis donc allé au Kansas où il vivait et nous avons commencé à peindre ensemble.
Œuvre phare de la première décennie de création de Condo, Spanish Head compositions est l’un de ses collages les plus monumentaux. L’œuvre a été produite en plein dans la période picassienne de Condo. Il revisite avec ce personnage chapeauté au costume exubérant les tableaux tardifs de Picasso inspirés par les portraits de cours des XVI ème et XVII ème siècles. Après avoir achevé la peinture et alors qu’il séjourne à l’hôtel Lotti à Paris, Condo décide de coller sur la toile une quarantaine de dessins faisant référence aux maîtres du style rocaille François Boucher, et à tout ce qui lui passait par la tête à ce moment-là. Par ce geste, Condo brouille la hiérarchie entre études préparatoires et œuvre finale.

Ce qui m’a le plus plu était d’écouter ses descriptions. S’il donnait un coup de pinceau ou s’il mettait de la peinture, même si cela ne ressemblait à rien, sa façon de décrire les choses avec des mots était vraiment fantastique. C’était le meilleur moment. L’apparence des tableaux nous importait peu. C’était juste le fait de le faire qui comptait.
… Ce sera peut-être comme le chauffeur de bus endormi. Je dessine comme on marche en forêt, sans vraiment savoir où l’on va. On part d’un point et on parcourt le papier au hasard jusqu’à arriver à destination.
Mon père disait « Si tu veux faire du rock and roll je dois tu dois d’abord apprendre à jouer du Jean Sébastien Bach ». Je pensais: « très bien ».
Je ne pense plus que ce soit vrai aujourd’hui mais c’est ce que j’ai fait.
J’ai commencé à apprendre la musique classique et à observer le lien étroit entre la composition en musique et la composition en peinture. Et que la période de certaines musiques correspondait à celle de certains tableaux.

Le tempo est donc très important en art.
Certaines œuvres ont un tempo très lent d’autres un tempo très rapide.
Georges Condo Jazz composition

Mais il n’est pas si facile de déterminer, sur une œuvre qui semble au tempo rapide, si elle a été réalisée très lentement ou très rapidement. Parfois en regardant un tableau de femmes de William de Kooning, on pourrait penser qu’il a tout éclaté, d’un coup.
William de Kooning Woman, 1995
Mais d’un autre côté, il lui a peut-être fallu des mois de changements très légers et méticuleux avant d’avoir le résultat qu’il souhaitait.
Les compressions painting ou peintures de compression et les drawings paintings peintures dessinées constituent deux séries d’œuvres qui approfondissent la notion de questionnement psychologique, d’abord de l’individu tel qu’il apparaît dans les portraits individuels, pour l’étendre ensuite à la psyché collective dans des rassemblements grouillants d’êtres humains et d’humanoïdes.
Ces compositions suscitent une écrasante impression d’énergie collective émanant de la foule, dans laquelle s’inscrit, en opposition à cette tension, l’individu isolé au sein de la cohue, assujetti et dépersonnaliséepar la dynamique de groupe.
Rush Hour.

Cette drowning painting saisit le moment chaotique de la journée à l’heure de pointe quand les new-yorkais sortent du métro après le travail. Elle fait également référence aux formes et compositions biomorphiques surréalistes, telles qu’elles apparaissent dans les œuvres tardives d’Arshile Gorki, des années 1940.
Chaque individu se fond dans la masse des passagers pris dans un mouvement effréné, certains étant mis en valeur, d’autres réduits à quelques traits, les couleurs s’estompent ou s’intensifient par endroits sur la toile. Bien que les personnages aux corps disparates soient jetés les uns contre les autres, la composition dégage un certain sentiment d’harmonie, et s’inscrit dans le questionnement permanent de l’artiste sur la condition humaine.
Avec la série des drawings paintings, Condo remet délibérément en question la hiérarchie établie entre dessins et peintures recourant aux deux procédés dans une même œuvre, leur conférant ainsi une importance égale.

À un moment donné je me suis demandé pourquoi il y aurait, ou pourquoi il devrait y avoir une telle hiérarchie entre le dessin, considéré comme un art mineur, et la peinture ? Il y a des connaisseurs qui n’aiment que le dessin et d’autres qui ne veulent que de la peinture.
Georges Condo compression III, 2011


Georges Condo compression IV, 2011
Au Louvre on voit les tableaux majeurs comme Le radeau de la méduse de Géricault, celui-ci ou celui-là, ceux de David et de tous les autres. On peut aussi contempler leurs dessins dans un petit cabinet et se dire « Waouh leurs dessins sont vraiment très beaux !! »
Les dessins de Van Dick sont magnifiques mais la plupart du temps on ne voit que ses peintures.
Je me suis dit : « J’aime autant dessiner que peindre. Alors pourquoi ne pas simplement créer des tableaux à partir de dessins, sans hiérarchie définie entre les deux techniques »
Souvent la peinture se résume à : Je vais assortir des couleurs avec des pastels. Impossible de de savoir si c’est du pastel de la peinture. Ou un trait noir au pinceau qui se termine par un trait au fusain… J’ai alors commencé à créer ce que j’ai appelé des tableaux dessinés qui étaient égaux en forme et en support. Il s’agissait essentiellement de faire en sorte que le support soit égal.
Georges Condo Female Figure composition, 2009



Ce qui est le plus constant dans mon travail est cette idée d’humanité, cette recherche d’une représentation de la conscience humaine à travers un portrait. Ce portrait pourrait représenter non seulement l’apparence extérieure d’une personne mais aussi ce qui se passe dans son esprit et les états émotionnels qui pourraient l’habiter.

On pourrait voir un train passer avec deux personnes qui discutent, l’une qui rit et le passage suivant est en train de pleurer. Et si on combine ces deux émotions en une seule figure ça donne une vision cubiste des choses, mais il ne s’agit pas de voir un objet sous tous les angles il s’agit de percevoir dans un seul objet de nombreux états émotionnels différents.
Georges Condo, Double Heads on Red
Portraits doubles
Avec la série des Doubles portraits, réalisée entre 2014 et 2015, Condo pousse plus loin son interrogation de la psyché humaine. Les deux têtes suggèrent la possibilité de plusieurs récits : le concept de contemplation d’un reflet de soi-même, sous la forme d’une introspection personnelle ou d’une analyse conduite par un tiers, voire l’examen à la loupe d’une relation affective liant deux personnes.
« Pour décrire les multiples émotions qui naissent simultanément dans l’esprit humain, j’ai forgé le concept de cubisme psychologique, qui permet de les voir toutes en même temps ».
L’artiste aborde un rapport ludique au cubisme, qui représente en deux dimensions les caractéristiques tridimensionnelles d’un visage, et l’applique à la psyché. L’arrière-plan, essentiellement gestuel et abstrait, laisse une forte impression expérimentale, et accentue l’attention portée à la profondeur mentale des personnages. Dans Self portrait facing cancer, Condo procède sur lui-même à une forme d’examen introspectif.
Cette peinture poursuit la réflexion sur la multiplicité du portrait amorcé avec les avec la série des doubles portraits, tout en adoptant un point de vue plus personnel. Dans cette autoportrait, genre rarement pratiqué par Condo, l’artiste évoque son combat face au cancer des cordes vocales, à un moment où son pronostic était incertain. Afin de représenter les différentes émotions simultanées ressenties à ce moment particulier, l’artiste reprend la grille quadrangulaire imaginé par Andy Warhol pour sa série Death and disaster.

En convoquant le maître du pop art, Condo revient sur ses débuts en tant qu’artiste, alors qu’il travaillait comme saupoudreur de diamant dans l’atelier du sérigraphe de Warhol. ici la noirceur des surimpressions allant l’encre lithographique fait place à la brutalité des coups de pinceau, qui construisent une succession de visages distordus et un sentiment angoissant.
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La littérature l’art et la musique tous combinés m’ont beaucoup influencé. Je pensais que l’art reposait sur l’interchangeabilité de différents langages en philosophie, en musique et en peinture.

J’ai aussi commencé à réfléchir à la nature artificielle de certains… Je ne sais pas comment les nommer ces personnalités. Trouver tous ces liens différents entre le soi l’apparence du soi, l’essence de l’être. En lisant des ouvrages de Martin Heidegger et Emmanuel Kant et comprendre de quoi ils parlaient lorsque Kant essayait dans son livre sur la beauté de définir ce qu’est la beauté. Sa finition était que la beauté est ce qui plaît sans intérêt. C’est une pensée extraordinaire : « Ce qui plaît sans intérêt ». Je me suis dit que ce qui est réel, mais aussi une représentation de l’artificiel est une pensée abstraite qui en découle. Georges Condo Portrait of a woman


Quand je vivais à Paris en 1985, Félix Guattari habitait à l’étage. Félix et moi avions aussi beaucoup de discussions sur ces concepts. Il travaillait à son grand livre sur la schizophrénie, lorsqu’il travaillait à la clinique de La borde. Il avait terminé il avait terminé le livre avec Gilles Deleuze.
Georges Condo The letter 2010

C’était très intéressant d’avoir ces conversations authentiques avec de vrais maîtres de la philosophie. Parce qu’on ne pouvait pas avoir une conversation avec Rembrandt sur l’état de sa peinture et ce sur ce qu’il ressent mais on pouvait avoir une conversation avec Guattari sur l’idée de la schizophrénie par exemple parce que j’avais déjà peint un tableau intitulé The Greatest Schizoid .
Georges Condo the great Schizoïd
Bref c’était l’évolution de la philosophie vers l’art et ce concept de réalisme artificiel dans ces tableaux particuliers que j’appelais des toiles en expansion, l’idée était que…
Georges Condo Dancing to miles 1985
Si on laisse son esprit vagabonder et aller dans cinquante directions différentes simultanément, il n’y a pas de point central dans notre processus de réflexion. Même si on pense à un sujet particulier, à une seule pensée, cette pensée peut nous emmener dans mille et une directions.
Et puis étrangement cela m’a ramené à l’idée de la composition musicale avec les variations point beaucoup de ces étoiles sont de façon étrange des variations presque comme des décors rococo, mais comme des variations sur des thèmes.
Georges Condo Yellow improvisation
Elles se sont simplement étendues à la peinture de sorte que, d’une certaine manière, c’était comme un écran de télévision avec un bruit blanc, une sorte d’écran blanc avec ces tout petits points noirs en mouvement. On pouvait voir son propre film dans sa tête en ce sens.
Georges Condo psycho 1985
Il n’y avait aucune raison réelle d’avoir un point central dans ces tableaux. Une grande partie de ce que j’aime faire en tant qu’artiste, relève de langage picturaux très contradictoires que la plupart des artistes ne pratiqueraient pas. Parce que s’ils devaient faire une peinture abstraite, ce serait vraiment une peinture abstraite. Ils n’y griffonneraient jamais de figures. Ou si c’était une peinture figurative, elle ne se déroulerait pas dans un cadre expressionniste abstrait ou de type action painting. Ce sont des contradictions qui s’additionnent. Je suppose que c’est ce qui est passionnant pour moi dans le sens où en tant que peintre on n’a pas à suivre de règles qu’il n’y a pas de règle différence de réelles différences entre la peinture figurative et la peinture abstraite. Car c’est avant tout de la peinture.
Georges Condo Linear Mass, 2001

C’est comme les hiéroglyphes virgule dans le sens où en le regardant, on sait que certains peuvent les interpréter et nous dire exactement ce que signifient les symboles. Mais 99,9% du monde les considérera comme un langage pictural. Je pense que c’est ce que c’est. C’est un langage pictural qui permet de construire mentalement la signification de ces images particulières.
Georges Condo Blues in B Flat, 2021
Je pense que c’est le spectateur Qui décide réellement du contenu de l’œuvre et non l’auteur. Lorsque je parlais de réalisme artificiel à la fin des années 80 et que quelqu’un me demandait comment l’appelle t-on ?, Je répondais : « c’est la représentation réaliste de l’artificiel. » Aujourd’hui le réalisme artificiel est devenu le sujet de notre quotidien dans l’actualité. Il a évolué vers une équation qui , d’une certaine manière, s’est transformée des faux maitres anciens, -ma façon de qualifier mes peintures- aux fake news. Au final c’est un peu comme …
C’est compliqué parce que c’est devenu une façon de vivre courante aujourd’hui. On ne sait plus qui est qui, Car l’actualité repose sur une réalité plus ou moins artificielle.

Depuis ma première visite du Prado à Madrid dans les années 80, j’ai toujours été profondément impressionné par les peintures noires de Goya et leur aspect effrayant. C’est une impression qui ne m’a jamais quitté, et ce ne sont pas seulement les sujets, mais aussi sa maîtrise de la couleur noire qui ont continuellement inspiré mes œuvres.
Au début des années 2000 j’ai produit la série des Mental States des toiles intenses, chaotiques et terrifiantes qui évoquent des représentations anciennes des horreurs de l’enfer. Les grandes Black paintings qui occupent ici l’espace se révèlent presque plus inquiétantes. Le tumulte dominait les œuvres précédentes, mais l’ordre géométrique de ces tableaux récents est plus effrayant encore.
Georges Condo, The conséquence of Random perspectives, 2019



Une tension immédiate s’installe entre la surface peinte, essentiellement vide, et la forme humaine, qui est au sens propre du terme repoussé au bord de la toile.
L’aspect pictural du noir se présente comme stratifié, de sorte que, à l’instar des dernières peintures noires d’Ad Reinhardt et des toiles de la chapelle de Marc Rothko à Houston, la couleur semble se modifier, passant d’un noir dense à des tons plus chauds de rouges et de bruns.

Les réseaux sociaux sont une autre évolution vraiment étrange de cette idée de réalisme artificiel. Pensez à tous ces trolls, ces robots et tous ces nouveaux langages qui font l’actualité aujourd’hui. Ils dépassent de loin l’entendement de quiconque.
Georges Condo: Right Politicians 2023
Personne ne sait rien de ce qui se passe réellement dans le monde aujourd’hui point parce que les médias eux-mêmes font de leur mieux pour rendre cela incompréhensible, mais le lendemain ils disent : je suppose que ce qu’on a dit hier n’a plus d’importance puisque tout a changé aujourd’hui.

Georges Condo: Lanslide 2024
Je pense que si on s’en éloigne, cela devient une abstraction. Si on y prête attention en permanence, cela devient encore plus abstrait. Je ne pense pas que la peinture ne concerne que la peinture, que la musique ne concerne que la musique et que le ballet ne concerne que le ballet. Je pense qu’il parle tous d’une manière ou d’une autre d’humanité.

Condo Diagonal Mindscape, 2023
Comme nous vivons à une époque où la condition humaine n’est pas toujours une priorité en politique cela donne envie de crier et de peindre quelque chose qui représente l’ADN déshumanisation de notre population.
Georges Condo, The Human disaster 2023
Comment les choses en arrivent-elles à être si hystérisées et à atteindre des extrêmes. À ce stade, c’est un véritable point de départ pour l’art. Je pense que lorsque le calme règne et que rien ne se passe, les artistes ne réagissent pas vraiment point mais lorsque quelque chose se produit c’est là qu’on voit un tableau comme Guernica ou un tableau comme race Riot d’Andy Warhol. Donc les peintres d’aujourd’hui ont cette possibilité de dire la vérité dans leur art Picasso disait que l’art est un mensonge et la vie une vérité.
Moi je dis que l’art et la vérité et tout le reste est un mensonge.

Dans la série des Compositions Diagonales, j’ai voulu m’écarter de ce que faisait Mondrian avec ses carrés, ou les expressionnistes avec leurs toiles all-over ou leur action painting ou même des zips de Barnett Newman, pour créer des cascades diagonales de couleurs et de forme qui contrasteraient avec un décor plus pastoral.
* GORGE CONDO, Entretien réalisé par Pierre de Montesquiou, à l’occasion de l’exposition George Condo, du 10 octobre 2025, au 08 février 2026.

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