//Antonio Machado , Caminante, no hay camino

Antonio Machado , Caminante, no hay camino

By | 2018-01-15T21:28:29+00:00 1 janvier 2018|Littérature|0 Comments

Thème du tiers inclus:  L’indétermination de la non séparation du corps et de la conscience.

Comme pour « Le passeur » d’Y. Bonnefoy, le lecteur, se laissera transporter par ce poème d’Antonio Machado,  et découvrira sans suggestion le thème du tiers inclus.

———-

Caminante, no hay camino,           toi qui chemines, il n’y a pas de chemin

Todo pasa y todo queda,               Tout passe et tout reste

Pero lo nuestro es pasar                mais il nous revient de passer

Pasar haciendo caminos                passer en faisant des chemins

Caminos sobre el mar ( …)            des chemins sur la mer ( …)

 

Caminante, son tus huellas,         Toi qui chemines, ce sont tes traces,

El camino y nada más ;                  le chemin et rien de plus ;

Caminante, no hay camino,          toi qui chemines, il n’y a pas de chemin,

Se hace camino al andar.               Le chemin se fait en marchant

 

Al handar se hace camino              En marchant le chemin se fait

Y al volver la vista atrás                 et quand on se retourne pour voir

Se ve la senda que nunca              on voit le sentier que jamais

Se ha de volver a pisar ( …)           l’on n’aura plus à fouler ( …)

 

———-

 

Nietzsche l’évoque à sa manière:  [1] :

Cependant, Zarathoustra regardait le peuple et s’étonnait.

Puis il dit :

« L’homme est une corde tendue entre la bête et le Surhomme- Une corde sur l’abîme.

«  Il est dangereux de passer de l’autre côté, dangereux de rester en route, dangereux de regarder en arrière, dangereux de frissonner et de s’arrêter.

«  Ce qu’il y a de grand dans l’homme, c’est qu’il est un pont et non un but ; ce que l’on peut aimer en l’homme, c’est qu’il est un passage et une chute.

« J’aime ceux qui ne savent pas vivre à moins de se perdre, car ce sont ceux qui passent sur l’autre rive.

« J’aime ceux qui éprouvent le grand mépris, parce que ce sont les grands adorateurs et les flèches du désir vers l’autre rive.

«  J’aime ceux qui ne vont pas chercher derrière les étoiles une raison de chute et de sacrifice : mais ceux qui se sacrifient à la terre, afin que la terre devienne un jour celle du Surhomme.

Et plus loin:

Tu prends le chemin de ta grandeur : savoir que tu n’as plus de chemins derrière toi doit être ton meilleur courage !

Tu prends le chemin de ta grandeur : ici personne ne se glissera à ta suite ! Ton pied lui-même a effacé le chemin derrière toi, et au-dessus de lui il est écrit ; Impossible [2] !

 

[1] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Ed 1018, p 14.

[2] Nietzche , Ainsi parlait Zarathoustra, Ed 1018, p.144.

Leave A Comment

%d blogueurs aiment cette page :